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Les nouveaux antipsychotiques
La recherche scientifique sintéresse au développement de
nouveaux traitements médicamenteux. Idéalement, ces nouveaux traitements devraient être
au moins tout aussi efficaces que les traitements existants, être de plus susceptibles
daméliorer les patients qui sont peu aidés par les traitements existants et enfin
présenter moins deffets secondaires sérieux et gênants.
Cest ainsi quapparaissent en Belgique depuis 1996 une
série de nouveaux antipsychotiques appelés " atypiques " qui, pour
la plupart, ont effectivement un profil intéressant sur le plan des effets secondaires et
représentent donc un progrès pour de nombreux patients sensibles notamment aux effets
secondaires neurologiques des antipsychotiques classiques (rigidité, tremblements,
dyskinésie tardive,...).
Cette nouvelle génération de médicaments semble prometteuse sur
la qualité de vie des patients car leur action principale ne se fait pas via un effet
sédatif ce qui serait plus favorable pour les fonctions intellectuelles,
linitiative en général et lactivité motrice.
Ces nouveaux traitements ont néanmoins leurs propres effets
secondaires et ne sont indiqués quaprès une évaluation psychiatrique complète
justifiant ou non leur utilité. Enfin, comme ils nexistent pas encore sous forme
dépôt, ces nouveaux traitements ne conviennent pas aux patients qui prennent leur
médicament de façon non régulière.
Quel est le rôle du traitement psychosocial
?
Il est clair que la schizophrénie interfère de
nombreuses façons avec la vie sociale de la personne atteinte. Les antipsychotiques
agissent bien sur les symptômes positifs de la maladie et offrent une bonne protection
vis-à-vis des rechutes. Toutefois, ils agissent moins bien sur les symptômes négatifs
et sur linadaptation sociale liée à la maladie.
Il est admis actuellement quune approche psychosociale bien
menée en complément avec la médication améliore de façon tout à fait significative
ladaptation sociale, le risque de rechute et la qualité de vie des personnes
souffrant de schizophrénie.
En se référant au modèle vulnérabilité-stress de la
schizophrénie, on peut schématiser les différents interventions thérapeutiques de la
façon suivante :
- les antipsychotiques atténuent la vulnérabilité biologique de la
personne
- les interventions psychosociales agissent
- en diminuant le stress auquel la personne est soumise
- en augmentant les capacités de la personne à faire face
aux différentes situations sociales quil rencontre et aux événements de vie
stressants
- en procurant à la personne un soutien social efficace
Tous les patients ont besoin dun soutien psychothérapeutique
qui les aide à accepter leur maladie et à affronter les effets de celle-ci sur leur vie
sociale et professionnelle, les soutienne pendant les crises et les motive à poursuivre
les différents traitements nécessaires. Il ne sagit pas dune psychothérapie
en " profondeur " qui bousculerait les défenses déjà fragiles de la
personne mais dune psychothérapie centrée sur le réel et les difficultés
concrètes de la personne.
En plus du soutien psychothérapeutique, différentes interventions
psychosociales ont démontré leur utilité.
La participation de la famille au programme de traitement est
toujours utile surtout si le patient vit dans sa famille. Dans certains cas des
interventions familiales plus spécifiques seront nécessaires pour aborder des problèmes
et des conflits que le système familiale ne parvient plus à gérer.
Quoiquil en soit les thérapeutes ne cherchent jamais à
blâmer ou à culpabiliser les familles mais les invitent plutôt à devenir des
collaborateurs éclairés pour la poursuite de lensemble des traitements.
- La réadaptation psychosociale.
La réadaptation psychosociale peut contribuer à réinsérer
progressivement les patients dans une vie sociale et professionnelle aussi normale que
possible. Les patients peuvent aussi avoir besoin daide pour trouver la situation de
vie qui leur convient le mieux - retour dans la famille, vie dans un foyer, dans un
appartement supervisé, dans une habitation individuelle. La réhabilitation peut aussi
comprendre une formation professionnelle, la recherche dune occupation, dun
travail adapté, dactivité de loisirs, une guidance au niveau des finances etc...
Les centres de réadaptation fonctionnelle, les centres de jour, les clubs psycho-sociaux,
les initiatives dhabitations protégées, sont autant de structures qui ont été
conçues pour offrir aux personnes concernées et à leur famille des services de
réadaptation psychosociale.
- LEntraînement aux Habiletés Sociales.
De nombreux patients schizophrènes ont des difficultés importantes
dans leurs relations interpersonnelles . Ces difficultés sont dues à des déficits
dans leurs capacités à communiquer et à gérer les problèmes interpersonnels.
LEntraînement aux Habiletés Sociales est une méthode
structurée qui vise à enseigner les habiletés sociales nécessaires dans les relations
interpersonnelles et à promouvoir le maintien et la généralisation de ces habiletés
dans la vie réelle du patient.
Cette méthode a fait ses preuves dans lamélioration de
ladaptation sociale des patients schizophrènes. Dorigine anglo-saxonne, elle
commence à être utilisée dans notre pays.
Les groupes psycho-éducatifs peuvent contribuer à une meilleure
compréhension, de la part de toutes les personnes concernées par la maladie
schizophrénique, de ses causes, de son traitement et de ses effets sur la famille. Dans
ce processus, tous les aspects de la maladie sont expliqués de manière claire et
détaillée afin que les patients et leur famille comprennent la maladie et son
traitement. Des patients bien informés sont mieux motivés pour accepter un traitement à
long terme. Un autre avantage de ce traitement de groupe est que les participants peuvent
partager leur vécu émotionnel et sentraider pour résoudre certains problèmes.
Enfin, les groupes contribuent également à étendre les réseaux de soutien
social.
Résumé.
La schizophrénie doit être traitée par des antipsychotiques
associés à un traitement psychosocial. Un traitement médicamenteux adéquat permet une
amélioration suffisante des symptômes pour que le médecin puisse introduire la
psycho-éducation et les autres formes de traitement psychosocial. Les groupes
psycho-éducatifs sont surtout utiles dans les semaines qui suivent la décompensation. La
famille autant que les patients sont alors très motivés à en savoir plus sur ce qui
leur a causé tant de désagréments. Bien informés, les patients et leur famille
collaborent mieux avec le médecin et les autres thérapeutes et lobservance à long
terme des différents traitements sen trouve améliorée. Les groupes
psycho-éducatifs permettent aussi daborder le risque de rechute à travers la mise
en évidence des signes dalarme et la mise en place dun plan
daction en concertation avec le patient, sa famille ou son entourage et les
différents intervenants professionnels (voir chapitre Prévenir les rechutes).
La schizophrénie est une maladie chronique qui requiert plusieurs
formes de traitement : les professionnels devraient assurer au patient et à leur
famille un soutien à long terme, la continuité des soins et des services aussi longtemps
que nécessaire et surtout la coordination entre les différents intervenants et services
offerts.

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