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La médication doit-elle réellement être
poursuivie même après disparition des symptômes aigus ?
Tant que les symptômes aigus et très pénibles dune maladie
persistent, il est clair pour la plupart des gens quun traitement est nécessaire.
Lorsque les idées délirantes et les hallucinations ont disparu, cela devient moins
évident. Même si les symptômes aigus ont disparu, il est essentiel quun patient
schizophrène continue son traitement pour les raisons suivantes :
La schizophrénie est une maladie chronique qui est associée à un
risque de rechute élevé pour le reste de la vie du patient. Un traitement
antipsychotique de longue durée réduit la vulnérabilité du patient et le risque de
rechute. En labsence de traitement prophylactique à laide
dantipsychotiques, la plupart des patients rechutent.
Bien quil nexiste aucun traitement curatif pour la
schizophrénie, il est possible de la traiter aussi efficacement que de nombreuses
maladies chroniques, comme le diabète par exemple.
La décision de continuer ou darrêter le traitement devrait
être basée sur une évaluation soigneuse et une discussion entre le médecin et son
patient concernant la gravité et lévolution de la maladie, les risques liés à
une rechute et les effets secondaires du traitement médicamenteux. Lapparition
dune dyskinésie tardive (un effet secondaire caractérisé par des mouvements
anormaux) est un facteur important, bien que pour de nombreux patients, les avantages
liés à la poursuite du traitement soient nettement supérieurs aux risques, même en
présence de cet effet secondaire. La dyskinésie tardive nest généralement ni
sévère ni évolutive; elle peut être améliorée si on administre la dose minimale
efficace (voir rubrique "effets secondaires").
Quest-ce quun
neuroleptique dépôt ?
Chez les patients qui suivent un traitement préventif à long
terme, lobservance thérapeutique peut être améliorée par des injections
intramusculaires de neuroleptiques dépôts, puisque ceux-ci nont pas à être pris
tous les jours.
Cette approche est particulièrement avantageuse pour les personnes
ayant des difficultés à accepter leur maladie et ne voulant pas se voir rappeler leur
état par la prise orale dun médicament deux ou trois fois par jour.
Les neuroleptiques dépôt agissent selon le principe suivant : on
injecte en une seule fois, en intramusculaire, la quantité de neuroleptique dont le
patient a besoin pour une période de 2-4 semaines. La dose quotidienne nécessaire est
libérée automatiquement dans la circulation sanguine à partir de ce "réservoir
intramusculaire". Au plan des effets secondaires, cette libération régulière est
probablement plus avantageuse que ladministration orale abrupte.
La procédure la plus courante avec les formes dépôt consiste à
commencer le traitement dun épisode aigu à laide dantipsychotiques par
voie orale puis à passer aux neuroleptiques dépôt dès que létat du patient
sest stabilisé.
Lintervalle entre deux injections varie entre 1 et 6 semaines
en fonction des patients et du médicament.
Quels sont les effets secondaires les plus
fréquents du traitement ?
Comme tous les médicaments efficaces et puissants, les
antipsychotiques ont de nombreux effets, dont certains sont désagréables ou
indésirables. Certains apparaissent au début du traitement et peuvent être réduits ou
éliminés en modifiant les doses, en changeant dantipsychotique ou en ajoutant
dautres médicaments (voir tableau IV). Dautres peuvent apparaître plus tard.
En dépit des effets secondaires, les patients continuent à prendre leurs médicaments
parce quils se rendent compte que les conséquences dune rechute sont plus
graves que les effets secondaires. Lapparition deffets secondaires ne
nécessite habituellement pas linterruption du traitement. Votre médecin vous
aidera à évaluer si les avantages du traitement dépassent les inconvénients des effets
secondaires. Certains problèmes que le patient interprète comme des effets secondaires
(fatigue, manque dénergie, dépression, problèmes de concentration ou de mémoire
etc.) peuvent être des symptômes de la maladie : ils apparaissent également chez les
patients non traités.
De nombreux patients sont perturbés lorsquils lisent la
longue liste deffets secondaires possibles. Ces listes reprennent souvent des effets
secondaires extrêmement rares. Il est conseillé den discuter avec votre médecin,
qui vous aidera à replacer les choses dans leur contexte.
Les symptômes de la maladie ou les effets secondaires du traitement
médicamenteux peuvent parfois entraîner des problèmes de coordination ou de
concentration. Les patients devraient demander à leur médecin si la conduite automobile
ou lutilisation de machines dangereuses leur est autorisé.
Chaque patient réagissant différemment à un médicament donné,
il faut un certain temps pour que le médecin puisse déterminer, en modifiant les doses
ou en changeant le médicament, quel antipsychotique est le plus indiqué pour un patient
particulier et cause le moins deffets secondaires.
15 à 20% des patients sous traitement antipsychotique de longue
durée (plusieurs années) risquent de développer une dyskinésie tardive. Cet effet
secondaire est caractérisé par des mouvements involontaires affectant la bouche, les
lèvres et la langue, parfois le tronc ou dautres parties du corps.
Dans la plupart des cas, ces symptômes sont légers et
réversibles; les patients nen sont pas tellement incommodés. Dans de rares cas
cependant, il se peut que ces effets secondaires soient sévères, persistants et
invalidants. En raison du risque de dyskinésie tardive, les patients doivent être
examinés régulièrement par leur médecin afin de vérifier quils ne présentent
aucun mouvement anormal. Sil constate certains mouvements anormaux, le médecin
tentera dévaluer avec le patient et sa famille si le bénéfice lié à la
poursuite du traitement est supérieur à linconfort lié à la présence de ces
mouvements. Heureusement, la dyskinésie tardive peut également saméliorer, même
si le patient continue à prendre des antipsychotiques, surtout si on administre la dose
minimale efficace.
| Effets secondaires les plus fréquents |
Contre-mesures possibles |
| Spasmes
musculaires |
Anticholinergiques
(bipéridène, benztropine). |
| Rigidité
musculaire, tremblements, impatience motrice |
Diminuer
les doses, anticholinergiques (bipéridène, par exemple), propanolol, changer le
médicament. |
| Hypotension |
Diminuer les
doses, prudence en position débout, administrer le médicament le soir. |
| Sécheresse
de bouche, vision trouble, constipation, difficultés à uriner |
Changer
de médicament, diminuer les doses, antidote. |
| Rash cutané,
démangeaisons |
Changer de
médicament. |
| Sensibilité
à la lumière solaire (coups de soleil) |
Eviter
le soleil, écran total. |
| Prise de poids |
Régime, conseils
diététiques, exercices physiques |
| Somnolence
et léthargie |
Diminuer
les doses, ne pas conduire, prendre les médicaments ou les doses les plus fortes le soir. |
| Dysfonctionnement
sexuel |
Diminuer les
doses, changer de médicament. |
| Règles
irrégulières |
Diminuer
les doses, changer de médicament. |
| Ralentissement
des mouvements |
Diminuer les
doses, changer de médicament ou antidote. |
| Problèmes
de mémoire ou de concentration |
Diminuer
les doses, changer de médicament, éviter les correcteurs |
| Mouvements
involontaires anormaux |
Diminuer les
doses, changer de médicament ou arrêter le traitement. |
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Dautres
effets secondaires peuvent également apparaître
mais ils sont, en règle générale, moins fréquents. |
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