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Vivre avec la schizophrénie

La maladie


Qu’est-ce que la schizophrénie ?

Bien que les scientifiques ne puissent pas encore apporter de réponse définitive à toutes les questions concernant cette maladie, on sait que la schizophrénie n’est pas un " dédoublement " de la personnalité ni une personnalité " multiple ".

La schizophrénie est une maladie du cerveau

Le cerveau étant l’organe avec lequel nous pensons, nous ressentons, nous interprétons nos perceptions et contrôlons nos actions, cette maladie affecte la pensée, les sentiments et les émotions tout comme la perception et les comportements. Toutes ces fonctions ne sont cependant pas perturbées au même moment et dans la même mesure. De nombreux patients schizophrènes semblent parfaitement normaux pendant de longues périodes.

Bien qu’elle ne touche pas à l’intelligence proprement dite de la personne, la schizophrénie occasionne souvent un certain nombre de déficits intellectuels qui perturbent notamment l’attention, la mémoire, l’apprentissage et le traitement de l’information. Ces déficits appelés " cognitifs " sont souvent présents dès le début de la maladie et diminuent la capacité de la personne à réagir avec son milieu de manière appropriée.

La cause de la schizophrénie n’est pas encore entièrement élucidée. Plusieurs facteurs jouent un rôle dans son apparition et son évolution. En général, on considère la schizophrénie comme un trouble résultant d’une interaction complexe entre une vulnérabilité biologique et psychologique d’une personne et le stress associé à son environnement. Ce modèle explicatif de la schizophrénie appelé modèle vulnérabilité-stress sera détaillé plus avant dans ce manuel.

Comment reconnaître la schizophrénie ?

Les symptômes de la schizophrénie sont subdivisés en symptômes " positifs ", qui apparaissent souvent pendant un épisode schizophrénique aigu et qui sont une perturbation du fonctionnement cérébral normal et en symptômes " négatifs " qui sont des affaiblissement ou des pertes de fonctions normales.

Les symptômes positifs les plus fréquents

  • Les hallucinations

Les hallucinations sont des perceptions sensorielles qui ont leur source dans le cerveau de la personne plutôt qu’à l’extérieur. Les hallucinations sont causées par la maladie. Les patients schizophrènes entendent parfois des voix (hallucinations auditives) qu’une personne saine placée dans la même situation n’entendrait pas ou voient des choses (hallucinations visuelles) que personne d’autre ne perçoit. Ces perceptions sensorielles étranges sont souvent très perturbantes pour le patient qui éprouve parfois d’énormes difficultés à distinguer hallucinations et perceptions réelles. Pour le patient, les voix sont réelles et il peut donc agir en conséquence, parfois d’une façon incompréhensible aux autres personnes.

  • Les idées délirantes

Il s’agit de convictions erronées constantes, non transitoires, qui ne sont pas partagées par d’autres et que le patient continue à considérer comme réelles même en présence de preuves démontrant le contraire.

Le patient peut être convaincu qu’il est poursuivi (délire de persécution), qu’il est Dieu (idées délirantes mystiques) ou qu’il est le centre (idées de référence) des événements qui se déroulent autour de lui. Ces convictions erronées sont dues à un trouble du fonctionnement cérébral. Habituellement, elles ne peuvent pas être modifiées par des faits ou des arguments; elle ne peuvent l’être que par le traitement. Le patient est souvent incapable de comprendre que ses convictions sont erronées et qu’il est malade. Les idées délirantes et les hallucinations sont réelles pour le patient. C’est pourquoi ses comportements et sa conduite sont souvent incompréhensibles aux personnes saines.

  • Les troubles de la pensée

Les personnes souffrant de schizophrénie peuvent être incapable de penser ou de communiquer de manière logique. Leur pensée et leur discours deviennent désorganisés et difficile à suivre.

  • La perturbation de la perception de soi

Il arrive que le personne atteinte perde le sens de son identité personnelle. La frontière entre lui-même et le milieu qui l’entoure se dissout. Cela se manifeste par exemple par la conviction que d’autres peuvent lire ses pensées, ou qu’ils peuvent introduire directement des pensées dans sa tête.

  • Les troubles du comportement

Ces troubles peuvent se manifester par des comportements relativement bizarres ou injustifiés, qui peuvent aller jusqu'à l’hostilité et l’agression.

Les symptômes négatifs les plus fréquents

  • Manque d’énergie et de motivation

Le manque d’énergie est un symptôme négatif fréquent. La maladie peut causer une perte de vivacité, d’entrain et d’intérêt général chez le patient. Cela se traduit souvent par une incapacité d’assumer ses responsabilités à la maison, au travail ou à l’école.

  • Emoussement affectif

Le patient perd sa capacité à ressentir et à exprimer des émotions. L’expression faciale est souvent réduite ou même absente.

  • Retrait social

Les patients présentent souvent un manque d’intérêt envers leur milieu social et finissent par éviter tout contact social et même familial.

  • Pauvreté de la pensée

Les patients peuvent devenir très peu portés à s’exprimer spontanément et peuvent présenter un ralentissement général de la pensée, voir même une absence d’idée.

La dépression peut-elle être associée à la schizophrénie ?

L’humeur ou les sentiments dépressifs sont fréquents chez les patients schizophrènes. En outre, les patients peuvent se sentir découragés lorsqu’il réalise l’impact de la maladie sur leur vie. Le risque de suicide est plus important que dans la population générale. Les idées suicidaires doivent être prises très au sérieux et doivent inciter à chercher immédiatement de l’aide.


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